Conclusion sur la rentabilité du projet

L'étude de rentabilité a montré que ce projet de STEP marine n'était pas rentable dans la situation actuelle. En effet, les marchés de l'électricité ne permettent pas de dégager un revenu suffisant et les charges sont trop importante, notamment les impôts et les charges de réseau. Néanmoins, il faut noter que cette étude de rentabilité est complète bien que basée sur de nombreuses hypothèses telles que le coût de l'investissement, la durée de vie de l'ouvrage ou encore, l'estimation des revenus à partir d'un modèle pas totalement optimisé. Malgré tout ce manque de rentabilité est conforme aux attenttes. En effet, Mme Isabelle RAFAI, économiste au Centre d'Ingénierie Hydraulique d'EDF de Toulouse, et Mr Pierre BRUN, chef de projet pour EDF sur la STEP marine de Guadeloupe, avait prévenu qu'un tel projet de STEP marine n'était pas rentable actuellement.

Toutefois, en anticipant l'ouverture du marché de capacité il est possible d'intégrer les futurs revenus de ce marché de la calul du TRI (Taux de Rentabilité Interne) projet qui devient alors positif et égal à 2.2%. Ainsi, ce projet deviendrait rentable sur toute la période de sa durée de vie, mais le TRI projet serait toujours inférieur à 8%, valeur synonyme d'investissement intéressant pour une entreprise.

Malgré tout, il est possible d'imaginer, une fois que l'exploitation des STEP classiques, moins onéreuse, sera maximale, que les STEP marines puissent se développer. En effet, une rémunération plus élevée des services sytème, qui sont jugés actuellement trop faibles par l'Union Française des Électriciens, une valorisation de la flexibilité (i.e. capacité d'injection et d'effacement d'une puissance) et de l'extrême flexibilité, qui correspond à la possibilité de délivrer une puissance maximale rapidement, pourrait rendre un projet de STEP nettement plus rentable. Les Tarifs d'Utilisation des Réseaux Publics d'Electricité pour les domaines de tension HTB pourrait être horosaisonnalisés, ce qui permettrait d'abaisser considérablement les charges de soutirage.

Ces mesures semblent inévitables puisque la France souhaite intégrer de plus en plus d'énergies renouvelables intermittentes à son mix énergétique. Le réseau ne sera pas capable d'absorber cette puissance importante d'énergie intermittente sans de grandes capacités de stockage. Ces mécanismes d'encouragement à l'investissement dans des moyens d'équilibrage  proposés devront être mis en place pour assurer la qualité et la sécurité du réseau électrique. Ainsi, le seul moyen de stockage de l'énergie avec une technologie mature, i.e. les STEP classiques et marines, devraient être privilégiés. Il serait même envisageable, à l'image de l'éolien offshore, que l'état subventionne des projets de STEP pour des raisons d'intérêt général.

Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher