Généralités

Production de plastique

Les plastiques sont aujourd'hui omniprésents dans notre vie quotidienne. Dans la plupart des pays, ils sont utilisés dans plusieurs domaines : emballage, construction, automobile, textile, électronique, agriculture, etc... La production de plastiques mondiale avoisine les 250 millions de tonnes par an. Les principales régions productrices de plastiques sont l'ALENA (Accord de Libre-Échange Nord Américain) et l'Europe, avec chacune un quart de la production en 2010 ainsi que la Chine (15%). Sur cette quantité produite, on estime que 10% finit dans l'océan, c'est-à-dire que chaque année, environ 25 millions de tonnes de plastiques viennent s'ajouter aux quantités déjà astronomiques présentes dans les océans.

Déchets flottants (Photo : © Zac Noyle/A Frame)

Sources de pollution

Environ 80% des déchets proviennent des côtes (plages, cours d'eau) et les 20% restants sont issus des bâteaux.

On retrouve quatre sources principales de pollution des océans par les plastiques :

  • Les déchets laissés par les touristes sur les plages.
  • Les rejets d'eaux usées dans les fleuves ou dans les mers. Cet apport de plastiques a principalement lieu lors de fortes pluies. En effet, dans ces cas là, les déchets présents dans les rues sont entraînés dans les canalisations et finissent dans les fleuves.
  • Les déchets liés à la pêche : les pêcheurs abandonnent ou perdent souvent leur matériel usagé sur les plages ou le long des côtes.
  • Les déchets rejetés par les bateaux : lors des traversées des océans, la plupart des bateaux relargue leurs détritus dans l'eau, que ce soit volontairement (certains bateaux se servent de l'océan pour se débarrasser gratuitement de leurs déchets) ou accidentellement.

Devenir des plastiques dans les océans

Sur tous les déchets rejetés dans les océans, environ un tiers se retrouve au niveau des centres des gyres (tourbillons d'eau formés par les courants océaniques, présent dans chaque océans). Les plastiques restants sont ramenés sur les plages par les courants ou se retrouvent au fond de l'eau.

Au niveau des gyres il existe des foyers où les concentrations en plastiques sont très importantes. On estime la concentration à environ 5 000 g/km2. Cependant, peu de mesures ont été faites pour l'instant et leur fiabilité n'est pas démontrée.

Localisation de la zone de déchets dans l'Atlantique Nord et concentration des déchets plastiques (Source: http://www.lefigaro.fr/environnement/2010/08/20/01029-20100820ARTFIG00514-une-mer-de-plastique-dans-l-ocean-atlantique.php)

Les déchets plastiques se dégradent peu à peu dans les océans, jusqu'à former des particules de plus en plus petites (de l'ordre du micromètre). Tous ces plastiques, qu'ils soient sous forme de macro ou de micro déchets, sont toxiques et ont des répercussions catastrophiques sur l'environnement.

Effets sur l'environnement

Tout d'abord, les gros déchets (bouchons, sacs, briquets, ...) sont ingérés par les oiseaux, tortues et grands animaux marins, qui les confondent avec leurs proies habituelles. Cette ingestion entraîne une occlusion digestive conduisant souvent à la mort. On estime que 36% des oiseaux marins, 43% des baleines et dauphins et toutes les espèces de tortues marines sont susceptibles d'avaler des déchets plastiques.

Oiseau ayant subit une occlusion digestive (Photographe Chris Jordan)

​En plus de ce problème, de nombreux animaux marins sont régulièrement piégés, blessés ou étranglés par des déchets plastiques (fils, filets, emballages plastiques...). Par exemple, les espèces pulmonées, qui ont besoin de retourner en surface pour respirer, peuvent s'étouffer, bloquées dans des filets en profondeur. On estime de 100 000 à un million le nombre de mammifères marins et oiseaux de mer tués par les plastiques chaque année (les évaluations varient suivant les organismes de mesure et sont sûrement sous-estimées).

Torture impactée par un déchet plastique (Source : futurasciences.org)

Les petites particules elles aussi sont néfastes pour l'environnement. En effet, certains poissons et le phytoplancton les confondent avec leur nourriture. Elles se retrouvent donc en grande quantité dans la chaîne trophique et contaminent ainsi toutes les espèces marines et remontent ainsi jusqu'à l'homme. Ceci est d'autant plus néfaste que ces particules peuvent accumuler des polluants organiques persistants, et relarguer certaines molécules dont elles sont constituées, comme par exemple des plastifiants.

A ces problèmes s'ajoutent le transport par les débris d'espèces invasives, comme les algues, bactéries, insectes, mollusques, ... Par exemple, aux Seychelles, 60% des déchets échoués présentaient des espèces fixées, potentiellement invasives. On peut également citer le cas du Canada, ou 54 nouvelles espèces seraient arrivées par ce biais, suite au tsunami au Japon!