Impacts sur le bruit et la qualité de l'air

Impacts sur le bruit et la qualité de l'air

Impacts sur le bruit

L'impact indirect majeur identifié lors de l'activité de l'usine est la nuisance sonore. Une autre source génératrice de bruit supplémentaire est le trafic routier au sein de la forêt, activité qui va augmenter considérablement après la mise en exploitation de l'usine. L'usine est une nouvelle source de bruit notable.

Impacts sur la qualité de l'air

L'usine de dessalement va générer des émissions atmosphériques importantes. La première origine des émissions est le dégazeur réduisant les gaz dissous et rejetant de l'azote et de l'oxygène. La deuxième origine est liée aux procédé d'osmose inverse, consommateur d'énergie donc générateur de gaz à effet de serre. Une méthode d'évaluation des émissions dû au procéde de dessalement, présentée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, a été mise au point dans l'étude d'Afgan et al.1
L'étude propose des indicateurs environnementaux calculés en supposant que la source d'énergie électrique est locale, ce qui est notre cas, Tableau 1. Nous pouvons donc appliquer ces indicateurs environnementaux à l'usine étudiée. Sachant que l'objectif de production maximale journalière est de 40 000 m3, il est alors possible de calculer la quantité de gaz à effet de serre produit par une usine de dessalement par type de gaz. Puis ensuite convertir cette quantité en équivalent CO2. Au total, l'usine à puissance maximale produit 347 tonnes CO2/jour. Ce qui fait une production annuelle de 126 765 tonnes de CO2/an.

Tableau 1 : Indicateurs Environnementaux des émissions et émission annuelle du processus de l'osmose inverse

Indicateur environnemental (kg de gaz / m3) Coefficient   Emission journalière de l'usine Facteur d'Emission (FE) (kg eq CO2 / kg) à 100 ans Equivalent journalier (kg CO2)
CO2 6 240 000 kg de CO2 - 240 000
SO2 0.005 200 kg de SO2 0,12 24
NOX 0.009 360 kg NOx 298 107 280
Total journalier 347304 kg CO2/j
Total annuel 126 765 T CO2/an

Comme les émissions atmosphériques dues au procédé de dessalement sont directement en rapport avec ses besoins respectifs en énergie, nous cherchons à réduire l'impact de la production d'électricité nécessaire à couvrir les besoins en énergie de l'osmose inverse.

Pour cela, nous  nous appuyons sur les travaux du binôme réalisant sur la mise en place d'énergies renouvelables.
Ils conçoivent le couplage d'énergies renouvelables le plus rentable pour produire la consommation d'électricité  nécessaire au fonctionnement de l'osmose inverse. Ils ont estimé la consommation en électricité à 75 GWh/an.

Dans un premier temps nous estimons les émissions de gaz à effet de serre issu de la production d'électricité "classique" nécessaire à couvrir les 75 GWh/an.

Le Tableau 2 présente l'évaluation des émissions de gaz à effet de serre relative à ces besoins. Tout d'abord, nous avons considéré la répartition des sources de production électrique en France (hydraulique, nucléaire, ...) pour évaluer ce que cela représente à l'echelle de l'usine (GWh/an). Grâce aux coefficient d'émissions (g CO2/kWh) proposés par l'ADEME2, il est alors possible d'évaluer les émissions en équivalent CO2 de chacune des sources de production d'électricité.

Tableau 2 : Évaluation des émissions de gaz à effet de serre relative à la consommation d'électricité de l'usine de dessalement


 

Au bilan, un peu plus d'un million de tonnes de CO2 sont emises pour couvrir les besoins en électricité de l'osmose inverse avec une production d'électricité "classique". C'est un impact sur la qualité de l'air non négligeable, ce poste d'émission doit être réduit.

Pour ce faire, au bilan de leur travaux, le groupe travaillant sur la mise en place d'énergie renouvelable propose deux scenarii rentables présentés dans le Tableau 3. Pour chaque scénario, la part d'électricité produite par source est précisée. Ainsi, grâce aux coefficients d'émission, en gramme de CO2 par kWh, liés à la production d'électricité des pélamis3, de l'éolien terrestre4 et du photovoltaïque5, il est possible de calculer les émissions associées.

Tableau 3 : Évaluation des émissions de CO2 liées aux scenarii d'énergies renouvables

Aussi, au bilan, le scénario 1 engendre l'émission de 1515 T de CO2 /an. Ce qui est très faible comparé au millions de tonnes de CO2 émises par production d'énergie électrique classique.
Donc, la production d'électricité couvrant  des besoins de 40 000 m3 d'eau traitée par osmose inverse émet 1000 fois moins des CO2  par production avec des énergie renouvelables qu'avec les énergies classiques.

Bibliographie :

1 Afgan, H.N., M. Darwish and J. Cavvalho (1999), Sustainability assessment of desalination plants for water production. Desalination, 124:19-31

2 C. Cros, Tabet J.-P., Éléments de calcul des émissions de gaz à effet de serre dans les installations énergétiques, ADEME, Service économie, Février 2000

3  Professor Gareth Harrison, Life Cycle Assessment of Renewable Energy Sources and Energy Networks,  University of Edimburgh, Science and Engineering, Décembre 2010, disponible sur www.see.ed.ac.uk/~gph/carbon/, consulté le 06/03/2013

Life cycle assesment of onshore and offshore sited wind power plants of Vestas V90 3 MW turbines

5 International Energy Agency, Photovoltaic Power Systems Programme, rapport 10, Mai 2006, disponible sur base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7393.html#1, consulté le 06/03/2013