Introduction

Lors de l'ouverture de la conférence Rio+20 (découlant du sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992), Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, a proposé trois objectifs majeurs d'ici à 2030, dans le domaine énergétique. L'un de ceux-ci est de doubler les énergies renouvelables dans le monde afin que 30% de l'énergie produite provienne de ces dernières. (Centre d'actualités de l'ONU, 2012)

Dans ce cadre, de nombreuses organisations françaises se sont mises à développer ces énergies, mais aussi à en rechercher de nouvelles, afin de se diversifier et d'atteindre plus rapidement le seuil des 30%. Parmi ces dernières, l'hydrolien, défini comme l'électricité produite par l'énergie cinétique des courants marins et fluviaux, a fait une percée sur le territoire français. En effet, la France possède l'un des  potentiels mondiaux en matière de courants marins le plus important au niveau de plusieurs sites. (Le Monde, 2013)

La zone d'intérêt est le passage du Fromveur, situé entre deux des îles de l'archipel du Ponant : Ouessant et Molène, présente un contexte relativement intéressant. En effet, ces deux îles produisent leur énergie à partir de centrales locales fonctionnant au fioul afin d'assurer l'approvisionnement en électricité.  Sur ces îles, comptant 1079 habitants en 2010, 2.3 millions de litres de fioul sont consommés chaque année pour produire 8424 MWh/an (données de 2009). Ce type de production électrique présente plusieurs inconvénients:

  • Production de CO2 néfaste à l'environnement,
  • Coûts de production élevés,
  • Dépendance au fioul et difficulté de son acheminement sur l'île.

Cette dépendance de cette énergie fossile amène d'ailleurs d'autres désavantages notables tels que les impacts provoqués par les pannes des centrales. Ces problèmes ont déjà eu lieu sur l'île d'Ouessant et l'ont amenée à être coupée d'électricité et de téléphone pendant trois jours.


Localisation de la zone d'étude (IGN)

 

Ainsi, c'est la raison pour laquelle elles cherchent entre autre à mettre en place des systèmes de production d'électricité en privilégiant les énergies renouvelables afin de trouver une autonomie énergétique autre que fossile. Les îles d'Hoëdic et Glénant, par exemple, ont déjà en place des centrales solaires photovoltaïques et une éolienne.

Comme il est montré ci-dessus, la zone présente un potentiel hydrocinétique relativement élevé. Par conséquent, une éventuelle production d'électricité à l'aide de courants de marée est pertinente : elle assurerait l'autonomie énergétique des îles, en limitant les impacts environnementaux néfastes. Ainsi, en 2013, l'entreprise Sabella a notamment lancé la construction d'une hydrolienne qui servira de démonstrateur et qui sera mise en place début 2014 près de Ouessant. De plus, en octobre, un appel à projets pour quatre fermes pilotes d'hydroliennes autour des îles a été annoncé.

La problématique principale est donc de savoir comment répondre aux besoins en électricité des îles de Molène et Ouessant à partir de cette ressource énergétique s'annonçant par ailleurs comme prometteuse.

Pour cela, il sera tout d'abord réalisé une étude du site ciblant la réglementation, la courantologie et la cartographie de la zone. Puis il sera abordé la question du choix et de la mise en place des hydroliennes. Enfin, une étude d'impacts et de faisabilité du projet incluant une analyse économique et sociale sera mise en oeuvre.