La craie

Plusieurs études ont déjà été réalisées sur la craie, et notamment sur celle se trouvant dans le « Pays de Caux », un plateau situé en Haute-Normandie. Sa couche géologique de surface est majoritairement de la craie,ce qui est facilement observable sur les falaises d’Etretat. Cette craie est blanche, et elle contient des couches de silex espacées de 0,2 à 1,3 mètre. Sa porosité est voisine des 40 % et sa teneur en eau à saturation autour des 20-25 %. Sa perméabilité est elle aussi plutôt importante car elle a été mesurée autour de 10-4 m.s-1, ce qui fait environ 36 cm par heure,  négligeable.

 

La craie est une roche poreuse, perméable en petit et perméable en grand : elle est perméable dans toute sa masse du fait de la présence d’un réseau de pores de taille suffisante pour permettre la circulation de l’eau, mais en plus de cela elle comporte des fissures qui permettent un écoulement encore plus rapide. De ce fait, la craie du « Pays de Caux » est un grand aquifère qui sert à alimenter Paris en eau potable.

Une solution imaginée serait d’utiliser cette craie pour effectuer l’étanchéité du bassin. En effet, comme il est prévu de faire une excavation pour le bassin, il est possible de récupérer une quantité non négligeable de craie. Mais elle ne peut pas être utilisée tel quelle. Il n’y a pas de réglementation sur les retenues d’eau salée en France. Nous allons donc nous baser sur un site qui a des réglementations plutôt strictes : une décharge. Pour ce type d’installation, il faut que la perméabilité de la craie soit inférieure à 10-6 m.s-1 sur une épaisseur de 5 mètres. Ensuite, il faut s’assurer de la durabilité de cette étanchéité au contact de l’eau de mer.

Une étude du BRGM a déjà été réalisée sur un site similaire en Normandie, à Anneville-Ambourville, près de Rouen, soit à 60 km de notre site. Ces données vont donc être utilisées. A cet emplacement, plusieurs essais ont été effectués avec de la craie naturelle, de la craie broyée et compactée, et de la craie broyée et mélangée avec 10 % de bentonite. Les résultats finaux sont résumés dans le tableau-ci-dessous.

Tableau des perméabilités en fonction des craies utilisées :

De ces trois solutions, la seconde, avec la craie broyée et compactée seulement,  est la mailleure car l’étude à révélé des échanges d’ions avec la bentonite lors des tests avec le jus de décharge, une réaction non maîtrisée qu'il est préférable d'éviter. De plus, cette solution est facile à mettre en œuvre puisque la craie va être excavée. Il est possible que cette excavation ne permette pas de récupérer suffisamment de craie; néanmoins, dans ce cas, les quantités à importer sur place ne sera pas très élevées. La mise en place est assez simple avec la venue d’engins de travaux publics assez courants.

Il y a tout de même plusieurs inconvénients. Le premier serait l’épaisseur de cette couche : 5 mètres. Il faut donc excaver 5 mètres de plus sur toute la surface de bassin de 1,7 km² pour garder le même volume d’eau dans la retenue et ne pas fausser le dimensionnement fait précédemment, ce qui occasionnerait un surcoût très important. Il faut aussi noter que la perméabilité reste tout de même relativement élevée.

 

Page éditée par Fabien Higounenc et Matthieu Sécher