La problématique des rejets en mer, le cas de Gardanne

Les rejets en mer

En première issue pour les boues rouges de l’usine de Gardanne, des bassins naturels permettaient le stockage. Puis, suite à l’augmentation de la production, la faisabilité d’un dépôt en mer a été étudiée (Synthèse des travaux  du Comité Scientifique de Suivi 1995-2004).  C’est ainsi qu’en 1966 a débuté le rejet en mer des résidus de bauxites.

A partir des années 1980, l’augmentation croissante de la production mondiale joint au réveil des problématiques environnementales fait émerger la problématique des résidus. En 1981, le congrès entre l’UNIDO et l’UNEP aboutit à une conclusion que  « les rejets marins doivent être réalisés seulement en dernier recours lorsque les aires de stockages font fautes » (Power et al, 2011). Aucune industrie construite après les années 1970 n’emploie ce mode gestion.

L’alternative des rejets en mer a avant tout un avantage économique. Les coûts d’opération sont beaucoup plus faible comparé au stockage. De plus, la préparation d’une aire de stockage – compaction du sol, gestion des infiltrations - nécessite un investissement non négligeable. Néanmoins on peut lui attribuer des bénéfices environnementaux dans le sens où il évite les effets néfastes du stockage : pollution, occupation des sols et risques de contaminations de nappes souterraines.

En contre partie, d’autres impacts environnementaux apparaissent en utilisant le rejet en mer.  Tout d’abord, le dépôt en mer impose le recouvrement des sols marins détruisant l’écosystème associé. Des risques de contamination aux métaux lourds est également à prendre en compte, d’autant plus que les réactions de dissociations des minéraux sont peu connus. Enfin les effluents augmentent la turbidité dans l’eau de mer par dispersion et formation de colloïdes.

Les réglementations aux égards des rejets en mer

      La convention de Barcelone (1976) amendé 1995

La convention de Barcelone de 1976  vise la protection de l’environnement marin et côtier de la Méditerranée. Contracté par 22 pays dont bien sûr la France, il  permet la gestion homogène de la région méditerranéenne en terme de pollution. L’amendement de 1995, renforce les restrictions concernant les rejets industriels. Afin de le respecter, un arrêté préfectoral en 1996 fixe les quantités maximales de résidus rejetés (tableau 1) afin d’atteindre un rejet nul en 2015.

programme de limitation des rejets jusqu'à 2015
Tableau 1 : programme de limitation des rejets jusqu'à 2015

     Les arrêtés préfectoraux particulier à l’usine de Gardanne

L’usine de Gardanne fait l’objet d’une réglementation spécifique via les arrêtés préfectoraux depuis 1978. Concernant, les rejets en mer plusieurs arrêtés ont été déposés. Celui en date de 2003, en lien ici, résume les diverses contraintes quantitatives des effluents. Le tableau 2 reprend les contraintes concernant le rejet lui même, tandis que le tableau 3 indique les teneurs limites en métaux lourds.

 Restrictions quantitatives journalières
Tableau 2 : Restrictions quantitatives journalières (source : l'arrêté préfectorale de 2003)

A noter que sur la totalité des échantillons mensuels, il est admis que 10 % peuvent dépasser les limites sont toutefois atteindre le double de ces valeurs.

La basicité de l’effluent est également réglementée. Une concentration maximum de 2 g.L-1 d’oxyde de sodium est à respecter en fonctionnement normal. Toutefois, il est là encore admis une concentration allant jusqu’à 4 g.L-1, lors des phénomènes pluvieux importants nécessitant un renouvellement correct de l’eau dans la chaîne de fabrication.


Tableau 3 : Concentrations maximales et flux en métaux lourds (source : l'arrêté préfectorale de 2003)