Mesures compensatoires

Dans cette partie, nous présenterons les mesures de gestion afin de diminuer ou supprimer les effets négatifs décrits précédemment (Cf. Effets sur l'environnement). Nous proposerons pour chaque effet identifié une ou plusieurs mesures de gestion adaptées.

1) Mesures liées au chantier

  • Impact visuel

Pour diminuer l’impact visuel, il peut être envisagé d’installer une clôture grillagée sur plots en béton armé. La mise en place d’un socle pour les clôtures permettrait de réduire les dégradations liées à la curiosité des passants et éviter les graffitis. En effet, sur des palissades classiques, ces dégradations sont courantes et aggravent alors la gêne visuelle.

  • Impact acoustique

Afin de limiter les bruits de chantier, des mesures de réduction de l’impact acoustique seraient définies avant le début des travaux. Pour les ouvriers et techniciens du chantier, le port du casque serait rendu obligatoire, et les machines utilisées conformes aux normes. De plus, les seuils limites de fonctionnement (nombre d’heures par jour) pour le personnel seraient contrôlés. Quant aux habitants d’Elétot, des affiches seraient posées afin de les informer du chantier en cours, de sa durée et des phases les plus bruyantes. Les jours de repos seraient respectés (week-ends et jours fériés). Enfin, les engins les plus bruyants seraient éloignés des zones de vie, dans la mesure du possible.

  • Impact lié aux vibrations

Afin de limiter les impacts causés par les vibrations, il faudrait tout d’abord s’assurer de la solidité du bâti préexistant à proximité du chantier avant le début de celui-ci. Ainsi, les dégâts matériels seraient pensés et limités.

Pour la phase de travaux, il conviendrait de sélectionner au préalable les engins les moins vibrants et de former les opérateurs sur les méthodes de travail à appliquer. Ces premières mesures de gestion préviendraient les risques sanitaires pour les employés et diminueraient les vibrations. De plus, durant les années de travaux, l’entretien du matériel serait nécessaire afin de garantir son bon fonctionnement et de conserver ses qualités. Enfin, le déplacement des engins serait à privilégier sur des surfaces les plus régulières possibles.

La gêne serait ainsi prise en compte dès l’amont des travaux. Des contrôles des vibrations causées, du matériel utilisé et des utilisations par le personnel pourraient être effectués.

  • Impact sur la qualité de l'air

Afin de limiter les impacts causés par la poussière de craie, différentes mesures seraient à mettre en place pour le personnel du site, très exposé, et les habitants de la commune. Tout d’abord, les employés du chantier auraient à leur disposition des lunettes de protection et des masques couvrant la bouche et le nez. Les riverains seraient avertis des risques potentiels afin d’identifier plus facilement les troubles occasionnés. Les engins circulant dans la zone ne pourraient pas dépasser les 30 km/h afin de limiter la création de poussières. Lors des périodes de grand vent, des mesures de protection et/ou l’arrêt des travaux seraient envisagés. De plus, lors des travaux de creusement et d’aménagement, il serait possible d’humidifier le sol afin de limiter les émissions de poussières dans l’air. Enfin, un système de gestion des déchets serait mis en place pour éviter l’envol de petites particules vers les zones de vie.

  • Impact sur les émissions de polluants

Plusieurs mesures de gestion sont envisageables afin de limiter les émissions de polluants causées par l’intensification du trafic routier. Ces mesures impliquent la totalité des acteurs intervenant lors du chantier, des fournisseurs jusqu’au personnel.

Tout d’abord, il faudrait optimiser les trajets afin de les réduire. Par exemple, les trajets vers la déchetterie devraient être effectués avec des camions pleins. Les fournisseurs et entreprises locaux devraient aussi être privilégiés pour diminuer les distances parcourues. De plus, des contrôles de vitesses des véhicules seraient effectués sur le chantier, pour s’assurer que les limites définies soient respectées. La limitation de la vitesse autorisée permet de réduire les émissions de polluants mais aussi de réduire les émissions de poussières de craie.

  • Impact sur la faune

Avant la phase de travaux, il serait nécessaire de repérer les habitats potentiellement présents sur la zone afin de les déplacer dans des sites proches et similaires. D’autre part, la continuité écologique devrait être prise en compte durant la phase de travaux. Ainsi, un corridor biologique devrait toujours être disponible pour permettre à la faune de circuler et de ne pas se retrouver piéger sur un petit périmètre.

  • Impact sur la qualité des eaux et sols

Il serait nécessaire d’identifier en amont les divers produits et matériaux utilisés sur le chantier afin de prévoir une gestion des effluents et empêcher les infiltrations dans le sol pouvant causer une pollution des eaux. Des systèmes de récupération et de décantation des eaux rejetées lors de la fabrication de béton par exemple devraient être prévus. Il serait également possible de créer des fossés et des bassins d’assainissement provisoires pour collecter les eaux de ruissellement qui pourraient être dangereuses d’un point de vue environnemental.

2) Mesures liées au fonctionnement de la STEP

  • Impact visuel

Afin de limiter et de compenser l'impact visuel, il faudrait intégrer la STEP au sein de la structure sociale locale. La valorisation du projet aurait pour but de compenser la perte subie en termes de paysage, notamment pour le tourisme.

Il serait également nécessaire de créer de nouveaux sentiers pour les randonneurs. Il pourrait être intéressant de placer des panneaux d’information au sujet de la STEP et de sa production d’énergie le long de ces sentiers. L'onglet "Valorisation" présente nos propositions d'intégration de la structure au paysage.

  • Impact acoustique

Au cours des premiers mois de fonctionnement de la STEP, des mesures de nuisances sonores devraient être effectuées tout autour de l'installation pour évaluer le possible impact.

  • Impact lié à l’installation de lignes haute tension

Pour améliorer les effets visuels de telles installations dans notre zone d’étude, nous préconisons tout d’abord d’aligner les pylônes du mieux possible. Ensuite, il serait préférable d’installer des supports monopodes dont la structure est plus fine que d’autres types de supports métalliques et d’homogénéiser toutes les installations. L’insertion des lignes électriques dans le paysage serait ainsi facilitée par ces premières dispositions.

Quant à limiter la mortalité de l’avifaune, il serait possible de mettre en place un système d’effarouchement visuel. Cela consiste à imiter des silhouettes de rapaces afin d’éloigner les oiseaux « proie », plus susceptibles de se trouver près de ces lignes haute tension. La mortalité liée à l’électrocution serait ainsi diminuée par évitement des câbles de la part de ces individus.

  • Impact sur les falaises

Pour diminuer les effets négatifs concernant la vie animale sur les falaises, il serait envisageable de créer une zone de protection sur des falaises à proximité. Il faudrait trouver les habitats les plus adaptés aux oiseaux nicheurs et s'assurer de la protection de ces zones. Il serait intéressant d'étudier la présence des espèces nicheuses aux alentours d'Elétot, avant et après la construction, pour mettre en évidence l'impact à différentes échelles (locale et littoral normand).

  • Impact sur les poissons

Pour limiter les impacts sur la faune marine, des aménagements seraient mis en place. Tout d'abord, une grille serait placée à l'embouchure de la canalisation. Grâce au mode de vision des poissons, les grilles possèdent un effet répulsif sur eux suivant la règle L = 0,5 * E avec L la largeur du poisson et E l'espacement entre les barreaux de la grille. Nous considérons un espacement de 4 cm, ce qui permettrait de bloquer les poissons de largeur supérieure à 2 cm. De ce fait, peu de poissons seraient alors aspirés.

De plus, un brise-lames en cercle autour de la prise d'eau constitué de rochers serait installé. Une telle structure présente plusieurs avantages. Elle diminue la vitesse de l'eau et réalise une coupure avec le milieu naturel. Les poissons évitent alors cette zone.

Cette association de grille et de brise-lames a fait ses preuves quant à l'efficacité sur la mortalité piscicole au Japon sur la STEP d'Okinawa. Les résultats obtenus sont satisfaisants, il semblerait qu'aucun poisson n'ait été retrouvé dans le système.

La figure suivante illustre le montage de la prise d'eau en mer de manière simplifiée. Le dimensionnement des bassins est disponible sous l'onglet "Aménagement de la prise d'eau aval".

Schéma simplifié de l'aménagement autour de la prise d'eau

  • Impact sur la température de l'eau de mer

Il pourrait être intéressant de prévoir un suivi de la température de l’eau au niveau du rejet, en quelques points autour de la zone de rejet ainsi que dans la retenue d’eau  afin d’évaluer le risque de réchauffement de l’eau.

 

Page éditée par Barbara Favier et Lucie Maillier