Phytoremédiation

 

La Phytoremédiation

 

La phytoremédiation, du grec "phyto" (végétal) et du latin "remedium" (rétablissement de l'équilibre), est une science faisant appel au potentiel d'épuration et de détoxification des plantes afin de dépolluer l'air, l'eau ou les sols. Ce type de technologie a pour but d'immobiliser, fixer, extraire ou détruire les polluants organiques ou inorganiques présents dans le milieu. Il existe plusieurs techniques de phytoremédiation, à savoir la phytoextraction, la phytodégradation, la phytovolatilisation, la phytostabilisation et la phytostimulation.

 

Les berges du Riachuelo étudiées sont en pente forte et lourdement anthropisées. Le déplacement du sol pour procéder à un traitement "ex-situ" est par conséquent peu réaliste. De même, le déplacement des polluants dans la biomasse aérienne (phytoextraction) ou la volatilisation (phytovolatilisation) semblent incompatibles avec le profil des berges obtenu. Dans la suite nous considèrerons donc comme technique de phytoremédiation uniquement la phytostabilisation du chrome, en la combinant à un aménagement des berges afin de prévenir la réintroduction du chrome dans la rivière.

                                                 

 Différents procédés de phytoremédiation - Source : aquaportail

La phytostabilisation a des avantages certains par rapport à d'autres techniques, dans le sens ou celle-ci est facile à mettre en place "in situ", est efficace pour des cas de pollution combinée (ETM, polluants organiques), requiert moins d'entretien, permet une bonne valorisation de la biomasse créée, et présente des résultats prometteurs pour les éléments fixés dans les couches supérieurs du sol, notamment le chrome. De plus, la couverture végétale abondante permet d'enrichir le sol en éléments nutritifs et de favoriser l'activité biologique du sol, tout en réduisant les risques pour l'homme.

                                                                       Source : ADEME

Cependant, la phytostabilisation fait face à certaines limites inhérentes à sa nature : en premier lieu elle ne permet pas d'éliminer les ETM présents dans les sols, seulement de les fixer et de réduire la fraction disponible ; la profondeur de fixation des métaux dépend de même de la profondeur du système racinaire des espèces utilisées. De plus, les paramètres physico chimiques du sol peuvent être affectés et modifiés la disponibilité des ETM par apport de matière organique,variation du pH, etc. Un suivi sur le long terme est donc nécessaire sur les surfaces concernées.

Cette méthode consiste donc en une technique permettant un inertage certain de la pollution dans les sols, en améliorant les propriétés de ceux-ci et en réduisant les risques environnementaux liés à la présence de ces ETM.