Procédé à boues activées

Ce procédé, comme nous l'avons précédemment expliqué, consiste à traiter les eaux par action des bactéries au sein d'un bassin. C'est l'agrégation des bactéries qui conduit à la présence de flocs; flocs dans lesquels les réactions ont lieu. 

Ces bactéries, de nature hétérotrophe ou autotrophe, vont assurer les réactions microbiennes du milieu et donc l'épuration des eaux. Les bactéries hétérotrophes sont responsables des transformations de la matière organique mais aussi de la dénitrification c'est à dire la réduction des nitrates NO3en azote N2 en absence d'oxygène. Les bactéries autotrophes permettent de réaliser la nitrification c'est à dire l'oxydation de l'azote ammoniacal NH3​ en nitrate NO3-.

Du fait de ces diverses réactions, le procédé à boues activées peut être organisé sous deux arrangements différents : 

  • Un premier dit à aération séquencée : 

La nitrification et la dénitrification se réalisent dans le même bassin par alternance des phases d'anoxie (dénitrification) et d'aérobie (nitrification).

 

Source : Mr Spérandio - Cours "Traitement des eaux résiduaires" 

  • Un procédé multi-bassin :

Ce procédé est composé de deux bassins, chacun étant relatif respectivement à un milieu aérobie et l'autre anoxie. 

Source : Mr Spérandio - Cours "Traitement des eaux résiduaires" 

Dans le cas d'une absence de dénitrification, un seul bassin aérobie est présent. 

 

Cette technique par boues activées est composée de diverses parties : 

  • Un point de dégrillage

Cette première étape permet de retenir les déchets de grande taille, déchets qui seront ensuite égouttés et traités. Les types de déchets retenus vont dépendre de l'espace inter-barreau entre les barreaux du système. Ce dégrilleur peut être automatique ou manuel, le premier évitant un nettoyage journalier des grilles de la part du technicien. 

  • Un dessableur 

Cette appareil conduit à la rétention du sable contenu dans l'eau à traiter. De nombreux systèmes existent avec notamment les déssableurs rectangulaire ou encore couloir mais dans tous les cas, les sables seront stockés pour ensuite être récupérés une à deux fois par semaine. Les sables récoltés vont, comme dans le précédent cas, être égouttés et traités. 

  • Un dégraisseur 

Le dégraisseur est présent pour séparer les huiles et matières grasses de l'eau. La récupération de ces composés sera réalisée régulièrement pour éviter les nuisances olfactives. Deux types de dégraisseur existent : dégraisseur statique et aéré. Le dégraisseur statique agit par gravité permettant aux huiles de remonter en surface. Le dégraisseur aéré, quant à lui, repose sur une injection d'air et donc à une amélioration de la séparation eau-huile.  

Cependant, il existe également des ouvrages combinant les deux  fonctions de dessableur et de dégraisseur. 

Ces trois premières étapes sont considérées comme indispensables au bon fonctionnement de l'installation en réduisant notamment les risques de colmatage. 

  • Un bassin d'aération 
  • Un dégazage (pour enlever l'air en amont de la décantation) 
  • Un clarificateur 

​​Son rôle est de séparer les boues formées des eaux à traiter. D'une façon générale, le procédé de décantation consiste à mettre en place un système de vitesse tel que le flux ascendant épuré ne perturbe pas le flux descendant du mélange boue-eau. Une vérification de la quantité des boues doit être réalisée tous les jours. De plus des tests de décantation en éprouvette sont menés pour assurer le bon fonctionnement de l'installation. Concernant l'entretien, les parois du clarificateur doivent être brossées. 

Source : MAGE - fiche d'exploitation traitement des boues - Novembre 2006