Projet

 

PRESENTATION DU PROJET

 

I. Contexte

 

Carte de l'Argentine - Source : http://www.1clic1planet.com/argentine.htm

 

Comme cela a été développé dans l'avant projet, le MATANZA-RIACHUELO est une rivière d'Argentine se jetant dans l'océan Atlantique au niveau de Buenos Aires. Les industries telles que les usines pétrochimiques et les industries de traitement du cuir ont fait de cette rivière la troisième rivière la plus polluée au monde. Saturée par les métaux lourds, les macro-déchets... tout l'écosystème de cette rivière est en grand danger depuis le début du XIXe siècle. En effet, l'eau sombre asphyxiée dépasse de 50% le seuil autorisé de mercure, arsenic, zinc, plomb et chrome, selon plusieurs organisations écologistes, dont Greenpeace.

Près de 4 millions de personnes vivent sur les berges de cette rivière et les populations les plus pauvres se voient contraintes d'utiliser cette eau au quotidien, faute de mieux.

Devant un tel désarroi, des campagnes sont menées depuis quelques années, notamment pour débarrasser la rivière des macro-déchets. Une nouvelle campagne de réhabilitation est annoncée par le gouvernement et devrait débuter en 2016. Notre projet s'inscrit donc dans le cadre de cet ''appel d'offre'', nous allons en effet tenter de proposer des solutions viables pour limiter la pollution de la rivière et son impact sur les populations.

 

Image satellite de Buenos Aires et du Riachuelo - Image issue de https://maps.google.fr/

 

Notre étude se développera autour de trois axes :

  • le traitement des effluents des tanneries afin de réduire la pollution à la source,
  • le traitement des berges et des sédiments par phytoremédiation​,
  • la protection des populations les plus modestes face aux inondations via une étude hydraulique.

La suite de ce site présentera dans un premier temps l'articulation logique entre les différents axes​​, puis chaque partie sera développée par le binôme ou trinôme responsable, présentant la méthodologie et les résultats du travail mené. Enfin une conclusion globale du projet, avec un bilan sur les objectifs atteints et les difficultés rencontrées tout au long de ce BEI, sera détaillée.

 

II. Démarche de définition des axes

 

La réhabilitation d'une rivière aussi polluée que le Riachuelo, dans un contexte géographique aussi inflexible (urbanisation, bidonvilles, industries déjà présentes), est un projet gigantesque mais néanmoins passionnant. Afin de réduire la problématique et de la rendre abordable pour un projet BEI d'une durée très limitée, nous avons décidé de nous intéresser particulièrement à trois axes plus précis et dans nos domaines de compétences.

Notre réflexion s'est construite de la manière suivante : la pollution du site étant généralisée, l'objectif prioritaire pour la réhabilitation est l'arrêt de nouveaux rejets de polluants qui rendrait inutile tout travail de dépollution du site en l'état actuel. 

Au vu de la nature des polluants saturant la rivière, et des principaux émetteurs de ces polluants, un premier cadrage s'est dégagé de notre réflexion. En effet,  les pollutions ont deux sources :

  • Urbaine due à l'absence de station de traitement des eaux usées et de collecte des déchets 
  • Industrielle due à l'absence ou au manque de respect des normes de rejets

Réduire les rejets de ces deux sources présentant un travail trop complexe, nous avons choisi de nous limiter à la réduction des rejets uniquement industriels. Un premier axe s'est alors construit autour de cette idée de réduction des rejets industriels polluants. Comme nous le verrons dans le développement du premier axe, le plan de réhabilitation du gouvernement prévoit le regroupement des tanneries, à l’origine de la majorité de la pollution industrielle, ainsi que la construction d'une station commune de traitement des effluents. Celle-ci permettra une limitation des rejets dans la rivière grâce notamment au traitement des sulfures, du chrome et de la DCO/DBO. Le trinôme 1 va donc travailler sur le dimensionnement de différentes unités qui comprennent un traitement physico-chimique, biologique, tertiaire et une valorisation des boues.

Le second axe se place alors dans l'hypothèse que l'on atteint un rejet zéro des polluants industriels, et que les polluants urbains seront traités par d'autres projets gouvernementaux. On considère alors l'eau de la rivière comme “propre”. Il reste cependant un travail de dépollution des sols et des sédiments à mener. En effet un équilibre va s'installer entre la pollution encore présente dans les sols et l'eau. Afin d'empêcher une recontamination de la rivière et de régénérer la biodiversité, une étude de dragage des sédiments contaminés va être menée par un deuxième trinôme, ainsi que l'étude de la mise en place de ripisylves en aval des usines. Différentes valorisations seront envisagées.

Par ailleurs, le lit majeur de la rivière est régulièrement inondé (au moins deux fois par an), ce qui engendre une pollution des terres ainsi que des maladies chez les populations touchées. En parallèle de la réhabilitation de la rivière, ces victimes doivent être protégées. Aussi, le troisième axe hydraulique de notre projet s'est ainsi développé. Le binôme concerné modélisera la rivière et étudiera sa réponse face à deux types d'évènements : une crue décennale et les sudestadas (élévation du niveau d'eau dans la rivière suite à de forts vents du Sud Est à l'embouchure). Des solutions à ces événements vont ensuite être proposées afin de protéger les populations.

Ainsi, notre projet étudiera les aspects suivants :

  • la réduction de l'introduction de polluants dans la rivière par les rejets industriels 
  • la limitation du transfert de polluants entre le sol ou les sédiments saturés vers la rivière 
  • la réduction du contact entre les populations et l'eau polluée lors des crues

III. Articulation entre les axes

 

Bien que notre projet suive trois axes relativement différents, ils contribuent tous trois à un projet de réhabilitation de la rivière. De plus, les initiatives et les actions proposées par chaque axe ont une incidence directe sur les axes annexes :

  • la décision du regroupement des tanneries en un seul site permet d'identifier la zone à partir de laquelle le trinôme 2 crée des ripisylves
  • ​le traitement des effluents des tanneries par le trinôme 1, permet au trinôme 2 de supposer l'eau de la rivière comme "propre"
  • l'introduction des ripsylves sur les berges modifie l'écoulement de la rivière en haut des berges et lors de son débordement en modifiant le coefficient de Manning traduisant le frottement
  • l'implantation de la station commune de traitement des effluents au coeur de la ville engendre l'obligation pour le binôme 3 de créer les bassins de rétention hors de la ville (faute d'espace disponible).