Les enjeux

Les enjeux de la sécheresse sont non seulement économiques mais également politiques et sociaux. Les travaux nécessaires sont très coûteux ; les politiques, en particulier agricoles, s'affrontent au niveau régional et national ; le comportement du citoyen est de plus en plus celui du gaspilleur.

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Il suffit d'ouvrir un robinet pour avoir de l'eau : rien de plus simple !

Même si la quantité d'eau sur terre paraît illimitée, seuls quelques 0.003 % de cette eau sont accessibles pour la consommation d'eau potable, la majorité provenant des eaux souterraines. Leur captage est cher, ainsi que leur assainissement.

Dans des régions telles que la Bretagne, où le manque d'eau se fait ressentir régulièrement, des tentatives de sensibilisation sont mises en place pour faire prendre conscience à la population des quantités d'eau gaspillées. Dès les premières difficultés, des mesures de restriction sont prises : interdiction d'arroser, de remplir les piscines, de laver les voitures. Mais elles ne sont que peu handicapantes.

Le comportement de la population, à la fois des consommateurs urbains mais aussi des agriculteurs, vis-à-vis de l'eau devrait changer radicalement pour que les réserves puissent suffir.

      

En zone urbaine

Le comportement de la population en zone urbaine est très affecté par les périodes de sécheresse.

Les mesures régulièrement appliquées pendant les périodes critiques lui fait prendre conscience de l'importance de son comportement pour la consommation d'eau. En effet, la quantité d'eau potable est restreinte dès que le manque d'eau se fait sentir. Qui plus est, la pollution due aux nitrates est un des problèmes spécifiques de la région. Certaines communes ne peuvent plus consommer l'eau du robinet, la teneur en nitrates étant supérieure à la norme autorisée de 100 mg / l. Il n'y a pas d'autre solution que de consommer de l'eau minérale.

Certaines îles doivent même se faire livrer de l'eau potable par bateau pour parer à la pénurie.

Lorsque des travaux coûteux doivent être effectués (retenues, usines d'assainissement), le prix de l'eau augmente inévitablement. Certaines autorités considèrent que cette hausse des prix est un bon moyen pour que la population prenne conscience de l'importance de l'eau et pour qu'elle la considère non plus comme un dû, mais comme une richesse limitée en quantité. Est-ce réellement une bonne solution ?

     

En zone rurale

               

Répartition de la consommation d'eau suivant les secteurs

    

L'agriculture est la plus importante consommatrice d'eau : 60 % de l'eau consommée l'est par l'agriculture. Mais c'est auprès des agriculteurs que le message est difficile à faire passer, puisque ce sont leurs récoltes, et donc leurs revenus, qui souffrent si les restrictions sont trop drastiques, surtout en période de sécheresse. Il arrive souvent que les mesures soient repoussées jusqu'aux dernières limites (après les récoltes, si possible) à coup de négociations, et lorsqu'elles sont adoptées par les autorités, elles ne sont pas toujours respectées.

Ils sont également à l'origine des pollutions aux nitrates. Ils utilisent toujours l'épandage pour se débarrasser des déchets animaux, mais ils ajoutent à cela l'utilisation d'engrais qui font double emploi. Les surplus de nitrates sont emportés à la moindre pluie et se retrouvent dans les réserves d'eau de surface et souterraines. Les situations les plus dramatiques sont lors d'automnes et d'hivers secs, puisque les sols nus gardent en reserve les nitrates après la récoltes et ceux-ci sont lessivés à la première pluie et polluent les eaux.

Plusieurs solutions ont été trouvées au problème de l'agriculture, mais elles ne sont pas toujours appliquées :

      Diminuer l'utilisation d'engrais, qui ne font qu'augmenter la quantité de nitrates non utilisée. Il serait également possible de les injecter directement au pied de la plante à l'aide de goutte-à-goutte, plutôt que de pulvériser au-dessus des champs, sachant qu'une partie est emmenée par le vent et n'atteint pas les racines (une première amélioration serait de pulvériser plus près des racines comme le montrent les photos suivantes). Ce système pourrait également servir pour l'irrigation, car l'eau pulvérisée s'évapore avant d'avoir atteint le sol. Mais les coûts engagés seraient bien trop lourds pour les petits exploitants, déjà très souvent endettés.

                      

L'irrigation effectuée près des racines (photo de droite) permet de diminuer

de 25 % ou plus la quantité d'eau utilisée par rapport à la pulvérisation classique (photo de gauche).

      

      Arrêter le remembrement et surtout arrêter l'arrachage des bocages qui ont un rôle essentiel du point de vue hydraulique et pour l'environnement. Il faudrait aussi éviter de drainer les terres pour les ré-arroser ensuite.

      Cultiver des plantes nécessitant moins d'eau : en effet, la culture du maïs est de plus en plus courante, même dans les régions où il y a des difficultés avec les réserves d'eau. Or, le maïs est une plante qui nécessite beaucoup d'irrigation, mais qui représente une faible couverture végétale (peu de drainage vertical, phénomène de battance amplifié).

Les agriculteurs ont le "privilège" de payer leur eau moins cher que les autres consommateurs (les quantités utilisées étant exorbitante). Des expériences menées aux Etats-Unis ont cependant prouvé que les agriculteurs américains économisaient l'eau lorsque son prix était augmenté.

Va-t-il falloir faire payer l'eau bien plus cher pour qu'enfin un effort soit fait pour l'économiser ?

     

          

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Pour parer aux sécheresses, les communes commencent régulièrement des travaux de grande envergure et donc très coûteux.

Les plus classiques sont des barrages de retenue qui coûtent en moyenne 300 millions de francs. Ces ouvrages permettent, outre la production d'énergie, de faire des réserves d'eau pendant les périodes de pluie, pour maintenir des débits d'étiage pour les cours d'eau en aval pendant les périodes sèches. Ils permettent aussi de lâcher plusieurs millions de m3 d'eau lorsque la teneur en nitrates est trop élevée.

    

La retenue sur le Gouet est une réserve de 7,9 millions de m3 d'eau potable

        

Les frais engagés pour les usines d'eau potable sont également conséquents puisqu'elles doivent supporter des pollutions très concentrées en période de sécheresse. Elles ne sont cependant pas toujours capables d'éliminer tous les nitrates lorsque ceux-ci sont trop concentrés.

Certaines communes construisent alors des réseaux parallèles permettant d'amener de l'eau de captages exploités par d'autres communes, en cas de sécheresse ou de pics de pollution. Ces réseaux assurent une meilleure répartition de l'eau mais peuvent coûter très cher. Pour les îles, la seule solution est un système de navettes effectué tous les jours par des bateaux transportant de l'eau potable.

Bien entendu, tous ces frais sont pris en charge par la population par l'intermédiaire des impôts. La nouvelle politique du "pollueur-payeur" n'est pas encore appliquée puisque le domaine agricole, qui est le plus grand consommateur et un des principaux pollueurs, n'est pas celui qui paye le plus en proportion.

                           

   

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Bien entendu, la moindre mesure met en opposition plusieurs intérêts et donne lieu à des conflits :

      Régionaux lorsqu'il faut décider de la construction de grands ouvrages ou de la mise en place de mesures restrictives. Les autorités, les agriculteurs et la population sont souvent en opposition, leurs intérêts divergeant. Les uns veulent diminuer la consommation d'eau et préserver les réserves, les autres veulent consommer à la demande sans payer le prix fort.

      Nationaux car des décisions telles que les mesures de restriction appliquées dans des conditions précises, ou des politiques telles que le remembrement, sont prises au niveau national, mais ne prennent pas toujours en compte le cas par cas. Cela peut donner lieu à des aberrations (par exemple la destruction d'une grande partie des bocages en Bretagne).

      Internationaux avec la concurrence internationale toujours plus présente qui oblige les agriculteurs à un rendement maximum, pas toujours compatible avec les intérêts écologiques ; mais également les directives européennes telles que la Politique Agricole Commune qui, en favorisant les gros exploitants agricoles, engendre la disparition des exploitations extensives seules conservatrices des paysages traditionnels tels que les paysages bocagers.

Il n'est donc pas toujours facile de mener des actions pour préserver les réserves d'eau, même si il parait naturel que tout le monde se sente concerné. Les intérêts en jeu sont bien trop importants (il s'agit parfois de la survie d'une exploitation) et la sécheresse devrait donner lieu à des mesures ayant fait l'objet de concertations.