Résultats : comparaison des situations

avec et sans bocage

   

   

   

Une fois que le modèle est calé, nous pouvons effectuer diverses simulations. Dans un premier temps, nous visualiserons les résultats actuels et les commenterons. Ensuite, nous effectuerons une simulation dans les mêmes conditions en ajoutant des haies par l'augmentation du pourcentage de forêt par carreau.

Précisons tout d'abord que les résultats correspondent aux débits observés non pas à l'exutoire du bassin étudié, mais au niveau du barrage de Rophémel où se trouve une station hydrométrique. En effet nous ne possédons pas de données à l'exutoire et nous voulons comparer nos résultats à la réalité.

   

   

Reprenons les résultats obtenus lors du calage. Nous avions alors le débit suivant :

   

    

On peut faire plusieurs observations sur cette courbe :

Comparons les résultats obtenus à la pluviométrie sur ces 3 années :

     

   

On constate tout d'abord que le débit correspond bien à la pluis tombée. En effet les précipitations de Juin et Juillet 1987 ont eu une forte répercussion sur le débit qui a atteint 3 m3/s au lieu de 0.7 m3/s en temps normal. De plus on observe sur les 3 ans une diminution des pluviométries annuelles moyennes que nous retrouvons sur le débit.

    

Ceci est plus visible sur le graphe des débits mensuels :

    

    

   

Une fois les résultats correspondant à la réalités analysés, nous allons observer ce qui se passe lorsqu'on rajoute des haies. Pour ce faire, nous reprenons les mêmes fichiers de données en changeant :

Nous obtenons alors :

  

On observe une nette diminution du débit .

Pour mieux visualiser ce phénomène, traçons les résultats moyennés sur les mois :

Le comportement du bassin replanté est semblable à celui du bassin actuel tant que la pluviométrie est raisonnable. Cependant, en cas de forte pluie, on observe une augmentation brusque du débit à l'exutoire dans le cas du bassin actuel, alors que le bassin replanté semble pouvoir "emmagasiner" l'eau et amortir les grosses averses. On observe particulièrement ce phénomène pendant les mois d'Octobre et de Décembre 1987.

   

   

   

Nous avons non seulement vérifié que la présence de haies diminue le ruissellment et augmente l'infiltration (même si une partie de l'eau est perdue par le sol par évapotranspiration), mais aussi nous avons pu quantifier cet impact.

Ainsi, la présence de 8 % de haies en plus entraîne une diminution de 36 % du débit de ruissellement en cas de crue (février 1988). Ceci est donc très important et met en évidence qu'un geste de relativement faible envergure peut avoir une répercussion très bénéfique.

Pour diminuer le ruissellement de 36 % il suffirait donc de replanter des arbres sur 8% de la surface. Ceci correspond à 8 km de haies par km2.

Pour mieux fixer les idées, raisonnons en termes de champs clos :

Un tel projet est tout à fait envisageable. En effet, les parcelles seraient de taille acceptable pour les machines agricoles. Reste à savoir à qui il incomberait de remettre en place les haies. Les exploitants pourraient en prendre une partie à leur charge, en replantant lentement. Ainsi à long terme il serait possible de retrouver les paysages bretons que nous connaissons bien et qui ont tendance à disparaître.

Bien sûr celà entraîne une diminution de la surface cultivable, mais les champs n'étant pas toujours bien délimités sur les bords, le mal est moindre. Cependant une aide de l'Europe, de l'état, de la région, du département ou des communes sera sans doute indispensable.